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* Actu Diverses : LA SORTIE PRÉSIDENTIELLE N’A PAS CONVAINCU LES SYNDICATS
Posté par Chtephy le 9/2/2009 19:37:55 (194 lectures)

Les organisations de salariés ont déploré que le Chef de l’Etat n’ait annoncé jeudi aucune mesure pour répondre aux urgences exprimées la semaine dernière lors la journée de grève et de manifestations. FO a estimé qu’il faudra sans doute remobiliser.

Une semaine après le succès de la journée de grève et de manifestations, l’intervention télévisée consacrée à la crise par le Chef de l’Etat, Nicolas Sarkozy, était très attendue. Elle n’a pas convaincu les syndicats. En réponse à cette mobilisation interprofessionnelle de masse du 29 janvier, la seule annonce de la soirée est sa décision de réunir le 18 février prochain les interlocuteurs sociaux à l’Elysée. Pour le reste, il n’y a eu aucune autre décision concrète pour accéder dans l’immédiat aux diverses revendications sur le pouvoir d'achat, l'emploi et les services publics. Et pour cause, il a affirmé que les réformes engagées restaient «d'actualité» et seraient conduites «au même rythme»: maintien des réductions de postes de fonctionnaire, réforme des lycées, de l’université, de la justice, suppression d’échelon territoriaux, pas de dépenses publiques supplémentaires…. Comme avant la crise. M. Sarkozy s’est surtout contenté jeudi de lancer des «pistes» de réflexion qu’il souhaite voir discuter à l’occasion de cette réunion avec les syndicats et le patronat. Lesquels seraient ensuite appelés à engager des négociations là-dessus qui devront aboutir dans un délai de trois à six mois avant de les transcrire dans la loi.

«Je veux que le 18 février nous discutions d'un sujet essentiel en France qui est le partage du profit» a déclaré ainsi le président, pour qui, il s’agira de savoir «comment on arbitre entre le souhait légitime des actionnaires de gagner de l'argent avec les entreprises, et la demande des salariés d'être associés aux bénéfices des entreprises dont ils ont contribué à créer la richesse» Et, selon lui, en la matière «le compte n'y est pas». Et c’est aux interlocuteurs sociaux de s’entendre sur le sujet : «soit ils arrivent à quelque chose, soit l'Etat prendra ses responsabilités», a-t-il précisé. Son idée serait d’arriver à appliquer «la règle des trois tiers»: un tiers des bénéfices aux salariés, un tiers aux actionnaires sous forme de dividendes et un tiers réinvesti dans l'entreprise «pour financer son développement».

La réunion du 18 février devra également servir à examiner comment «protéger ceux qui sont les plus exposés» à la crise et «comment aider le bas de la classe moyennes», a dit encore M. Sarkozy. A ce propos, il a annoncé qu'il proposerait aux interlocuteurs sociaux, comme «pistes» possibles, la suppression de la 1ère tranche de l'impôt sur le revenu pour aider les classes moyennes, une «augmentation des allocations familiales» ou la mise en place «d'un «chèque emploi service payés par l'Etat».pour «les personnes âgées qui vivent seules ou les mères de famille seules». Mais, il a écarté tout «coup de pouce» au SMIC.

Le Chef de l’Etat a souhaité aussi que soit abordée la question de l'amélioration de l'indemnisation d' «activité partielle», c’est-à-dire le chômage partiel. Et ce afin d’«aller plus loin» dans ce domaine que l'accord signé entre patronat et syndicats en décembre 2008, et qui avait fait passer le taux d'indemnisation du chômage partiel de 50 à 60% du salaire brut, grâce à des aides supplémentaires de l'Etat aux entreprises en chômage technique. De même, «l'Etat est prêt à faire un effort» pour «mieux protéger» les jeunes en fin de CDD et qui ne retrouvent pas d'emploi du fait de la crise financière et économique, a-t-il affirmé, tout en confirmant qu’il validera tel quel l’accord sur l’assurance-chômage rejeté par quatre centrales syndicales sur cinq et qui méprise précisément cette question du chômage des jeunes et des précaires.

Enfin, alors que l’ensemble des syndicats n’ont de cesse de réclamer des contreparties, en termes d’emplois, de licenciements et de salaires, aux aides publiques accordées aux banques et aux entreprises, il a répondu: «suppression totale de la taxe professionnelle» (TP) en 2010. «Je ne peux pas dire aux actionnaires pour le coup: ne délocalisez plus, relocalisez, et en même temps leur laisser des charges et des contraintes qui font qu'ils ne s'en sortiront plus», a justifié M. Sarkozy. Interrogé sur le manque à gagner que pourrait générer la suppression de la TP, il a annoncé qu’elle serait remplacée par une taxe fixée localement par les collectivités territoriales. Impôt égalitaire, la TP deviendrait alors un impôt on peut plus inégalitaire.

Réactions syndicales

«Ce que je retiens, c'est qu'il n'y a pas d'annonce concrète et immédiate. Tout est renvoyé à des discussions. Discuter de la répartition des richesses avec le Medef en ce moment, ça peut durer des mois sans que ça aboutisse. Le meilleur moyen de répartir les richesses dans l'entreprise, le plus rapide, c'est d'augmenter les salaires», a réagi sur France 2 le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly. Dans un communiqué, le bureau confédéral de FO a rappelé par ailleurs «qu'il est de la seule responsabilité de l'Etat de donner un coup de pouce au SMIC», avant d’insister, sur «la nécessité d'un plan de relance pour la consommation et l'urgence de légiférer sur les contreparties exigées des entreprises percevant des aides publiques». Quant au secteur public, la centrale n'acceptera pas «le maintien de la diminution des effectifs».

Selon la CFDT, «il y a très peu de choses concrètes, c'est une déception face aux enjeux et après la mobilisation du 29 janvier. Le maintien des objectifs de réduction de l'emploi dans la fonction publique est aussi décevant: ça nous paraît intenable dans cette période». Il semble surtout qu'il «cherche à gagner du temps», a déclaré la CGC, qui a dénoncé «la technique qui consiste à faire porter le chapeau (aux syndicats) ou à (les) associer très gentiment pour vouloir sans doute (leur) faire porter une partie de la responsabilité du fardeau». Pour la CFTC, «il faudra des actes concrets» car, pour le moment, il semble surtout avoir «botté en touche».

Que vont faire maintenant les syndicats qui se réunissent lundi? «Ou on décide d'attendre le 18…mais ça risque d'être un peu court» compte tenu des attentes des salariés, «ou on décide d'une date dès lundi prochain, même si c'est après le 18, pour maintenir la pression (sur cette réunion) et obtenir satisfaction», a expliqué Jean-Claude Mailly (FO). Dans cette deuxième hypothèse, a-t-il ajouté, «si on obtient satisfaction, on lèvera (le mot d'ordre de mobilisation, NDLR), si on n'obtient pas satisfaction, on mobilisera».

Lettre d'information Force Ouvrière Web du vendredi 6 février 2009



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